Je suis un Runner fanatique

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Chaque jour que Kilian Jornet fait, je me demande si la course à pied constitue une addiction à proprement parler pour le bipède en short court que je suis. Parce que j’entretiens, sans doute comme vous qui avez le bon goût de me lire, avec ma passion un rapport qui n’est pas sans conséquence sur ma vie au quotidien.

Par exemple, il n’est pas rare que je programme mon réveil à 6h du matin pour ce que j’imagine être, dans mes plus tendres pensées, un long Run de 2h avant de me rendre au travail. Run qui se raccourcit à mesure que j’épuise les rappels d’alerte tous les quarts d’heure jusqu’à me résoudre à le décaler plus tard.

La technique du réveil posé à l’autre bout de la chambre pour s’obliger à se lever ne se révélant pas si efficace.

Bénéficiant d’une pause méridienne d’une durée de 45mn, qui peut éventuellement se prolonger, je ne quitte jamais mon domicile sans une tenue de sport au cas où j’arriverais à placer un petit Run expéditif. Je m’en voudrais d’oublier mes baskets et être contraint d’aller m’empiffrer dans le premier fast-food du coin. Sinon, je suis aussi passé maître dans l’art de poser une ou deux heures de RTT pour m’accorder une séance sur la digue avant de rentrer.

Je pense aussi au déjeuner dominical chez Mémé ou l’anniversaire du beau-frère du cousin de belle-maman, qui sont autant d’occasions pour moi d’être systématiquement le dernier arrivé, qui n’aurait pas l’esprit tranquille sans s’être enfourné quelques kilomètres avant les joyeuses et réjouissantes festivités.

Que dire également de la question existentielle qui se pose immanquablement entre 21h et 22h : « J’y vais, j’y vais pas ? ». Ou les calculs astronomiques et autres savantes stratégies qu’on élabore pour trouver le moyen de s’injecter rapidement un petit Run au moment-même où le médecin annonce un repos indispensable d’un mois minimum, la faute à un tendon qui n’a pas respecté cette envie de trottiner. Ou encore ce besoin irrépressible de courir alors qu’on a un coup de moins bien.

L’idée de passion m’a toujours un peu effrayé car j’aime bien garder le contrôle. Et il me semble présomptueux de penser qu’on puisse être complètement à l’abri d’une perte de lucidité. Il y a 10 ans, j’avais tellement laissé l’hypophyse et l’hypothalamus s’exprimer que j’avais eu un choc en enfilant par erreur le jean de ma dulcinée. Les endorphines m’avaient transformé sans que je m’en rende compte.

Je pense avoir un peu plus conscience de la nécessité de lutter contre la passion car quand elle déborde, elle engendre retards au travail, manque de présence à la maison et défaut de concentration.

L’enjeu pour moi est de conserver cela à l’esprit tout en préservant cet espace vital et clairement égoïste que représente souvent la course à pied. Espace d’introspection sans lequel je ne serais qu’un monstre-tyran rarement affable et bienveillant.

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5 réflexions sur “Je suis un Runner fanatique

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